Lardux Films
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2017 , Court Métrage , animation , documentaire

52 minutes, Version Originale Allemande et Française, DCP

un film de Irina Rubina

avec le soutien du CNC, et de la Filmakademie de Ludwisburg
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quelques images à partager qui sont des essais d’animation en rotoscopie sur des vidéos de danseurs...

LE FILM

L’Étreinte de fer est le projet de fin d’étude de Irina, un documentaire animé, et le fait qu’elle désire associer les genres documentaires et animation, sur un sujet lié à la danse, ne peut que nous donner envie de l’accompagner.

C’est la première fois que la Filmakademie coproduit un projet avec une société étrangère. Et c’est également la première fois que deux départements s’associent au financement d’un projet (ici, les départements Documentaire et Animation).

Le sujet nous parle de l‘envers du décor de cet art si fascinant qu‘est le Tango. Et comme dans toute communauté, il existe dans celle du Tango une hiérarchie (très) stricte et un fort attrait pour le pouvoir. Irina veut nous faire voyager à travers les strates de cette communauté et nous offrir un point de vue nouveau sur cette zone trop peu connue.

Il existe un côté méconnu du monde du tango : une société basée sur la compétition, qui est égocentrique, élitiste, patriarcale, dotée d‘une hiérarchie forte et de règles parfois obsolètes.

Elle offre aux tangueras et tangueros un environnement social propice à l’épanouissement tout en menant parfois au désespoir.

Quelle est cette communauté qui stimule l’envie chez ses adeptes mais qui se révèle irrespectueuse de l’être humain ? Comment s‘imbriquent ici le pouvoir, la fascination, la solitude et la dépendance ?

Nous faisons le portrait de quatre personnes (qui viennent de France, d’Allemagne d’Angleterre et de Belgique) en les accompagnant dans leurs quotidiens. Ces personnes viennent d’horizons variés et sont à des stades différents de leurs vies de tangueros.

Nous questionnons de fait leurs rapports à leurs entourages et également leurs rapports au monde du Tango. La poésie de « deux corps qui s’unissent » dans la pratique du tango se confond dans le jeu de rivalité qu’elle implique.
Un projet documentaire qui rend palpable la dynamique des relations humaines à travers le tango.

Intentions

Durant la phase de développement de ce projet, nous avons accompagné nos personnages au quotidien durant de longues périodes et nous les y avons filmés dans des tranches de vies. Ceci afin de mieux les comprendre, mais aussi de nous fondre dans leurs environnements et de nous faire accepter, sans que nos présences viennent interférer avec « le réel » (l’équipe de tournage se compose du chef opérateur, du preneur de son et de moi-même).

Lorsque j’écrivais les premières lignes d’El Abrazo Ferreo, je pensais que la communauté du tango, comme structure sociale, serait notre sujet principal et que nous filmerions nos protagonistes afin de recueillir leurs points de vus sur cette scène du tango. Par ce procédé, je souhaitait questionner le tango par ses pratiquants. Sans émettre de jugement.

En les côtoyant sur plusieurs périodes, une confiance réciproque s’est installée et ils se sont ouvert à nous, de plus en plus. Leur vie en dehors du tango prend désormais toute sa place dans le dispositif narratif comme nous l’espérions initialement.

Notre objectif est d’utiliser le tango comme fil conducteur afin de comprendre la vie de nos personnages : leurs joies, leurs obsessions et leurs espoirs.

Car ce que nous avons ressenti de nos tournages de repérages, ce que nos personnages nous en renvoyé, c’est le fait qu’ils essayent pour la plupart de s’isoler tout en recherchant le contact de l’autre. Cela semble être une contradiction que nous retrouvons chez eux et qui est symptomatique de notre époque. Ressentir de la solitude alors que l’on est entouré d’une foule, perdre se sentiment en étant seul dans son appartement. Le besoin de l’Autre, les quatre l’expriment. Afin d’échanger leurs expériences, leurs émotions ; d’être compris, aimés ; d’être acceptés, étreints.
Nous gardons donc comme structure le fait de questionner le tango par ses pratiquants, tout en se gardant d’émettre le moindre commentaire extérieur.

Avec humour, sensibilité et parfois de la mélancolie, nous continuons donc notre voyages à travers les vies de Jonas Maria, Jens-Ingo, Agnieszka et Lara.

Irina Rubina