Lardux Films
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Film Cuculte !

2017 , Court Métrage , animation , fiction

un film de Anne laure DAFFIS & Léo MARCHAND

23 minutes, DCP 5:1, Visa n°141 040 du 18/10/2016,

produit avec la participation de Canal + et le soutien du CNC Contribution Financière et Aides aux Nouvelles technologies de Production, de la Région Auvergne, de la Procirep et de l’Angoa

Le nouveau film de Anne Laure & Léo que certains connaissent pour leurs films La vie sans truc, ou encore La Saint Festin , ou dans un registre plus grave et tellement emouvant Les cowboys n’ont pas peur de mourir. Y’a pas que des Histoires de Cucu est un mélange de fiction interprétée par l’excelentissime Cosme CASTRO et la mignonne Ariane GILLOT, et d’animation cradouillissime assemblée par Pierre Yves FAVE.

Cucu a huit ans et elle habite avec sa mère. Mais ce soir c’est son père qui vient la garder. Seulement Arnaud est plus habitué aux raves parties qu’aux pyjamas parties. Au moment d’aller au lit, Cucu lui réclame une histoire mais Arnaud refuse sous prétexte de lire comme un pied. Il s’embarque alors dans l’improvisation d’ une histoire d’amour impossible entre Sissi l’impératrice et Hercule le demi-dieu...

Ces deux dernières années, nous avons finalisé un film d’animation (La vie sans truc, 27 min) et aussi tourné deux films en prise de vue réelle (Fatigués d’être beaux, western de 30 min et Rue des ravissantes adapté d’un scénario de Boris Vian, en montage).

Depuis longtemps, la frontière pour nous est très perméable entre ces deux représentations cinématographiques. Surtout en animation où nous mêlons volontiers différentes sources graphiques très éloignées les unes des autres.

Avec Il n’y a pas que des histoires de Cucu nous souhaitons faire à la réalisation ce que nous n’avons pas fait encore : un mille feuilles de ces 2 couches de représentation.

Il y aura donc la partie tournage en prise de vue réelle dans un décor unique, celui de l’appartement où sont les deux protagonistes et la partie histoire digressive racontée par des images d’archives, des extraits de films sur lesquels nous interviendrons plastiquement.

Réunir en un film le temps rapide et dense du tournage en prises de vue réelle avec le travail plus lent et tout compte fait plus « solitaire » de l’animation.

Réunir aussi une vision double : celle de l’adulte et celle de l’enfant. Deux mondes pas tant séparés que ça ou alors de façon assez artificielle et fragile. Quelles différences ? Quels mêmes questionnements ? Quels enjeux et quelles importances accordés à quelles choses ?

Il n’y pas que des histoires de Cucu c’est donc la porte ouverte à deux lectures car il s’en faut juste d’une syllabe pour que la petite « Cucu » à l’eau de rose qu’elle est encore un peu, se transforme en « cul » et passe ainsi de l’enfance à l’âge adulte. Mais cette transformation se fait-elle vraiment comme cela nous est raconté dans les histoires ? C’est à dire comme ça, d’un coup, comme par enchantement ?

La narration construite mais extravagante d’Arnaud le père, influencera et accentuera les distorsions graphiques à rebondissements autant que les partis pris graphiques bousculeront eux-mêmes l’histoire. Une autre vision viendra à son tour tout chambouler : la vision de Cucu qui imagine bien différemment ce que son papa lui raconte.

Il s’agira de rendre sensible tout du moins visible le parcours mental tantôt du père, tantôt de la fille. Quelque fois même les deux visions pourront miraculeusement s’accorder et se correspondre si éloignées soient-elles l’une de l’autre.

Collage donc, de visuels, de genres, de tons différents. En faisant un clin d’œil à Zazie dans le métro bien sûr, nous marcherons aussi un peu sur les traces de Fast Film de Virgil Widrich ainsi que de Gravity de Nicolas Provost dans le réinvestissement d’histoires préexistantes.

Car c’est aussi ça le fond du film : quelles différences après tout entre toutes ces (presque mêmes) histoires que sans cesse nous – enfants comme adultes - nous racontons ou cherchons à nous faire raconter si ce n’est la valeur ajoutée que nous y mettons chacun ?
Si ce n’est l’appropriation de l’espace entre nous et l’histoire ?
Cet espace mouvant, flottant dans lequel nous nous glissons, qui nous attache si particulièrement et si librement à ce qui nous est raconté et qui fait justement toute la différence et tout le délicieux plaisir  ?

Anne Laure et Léo
(Note ecrite avant la réalisation du film)