Lardux Films

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Retour sur une semaine animée a Bucarest

12 octobre 2014

Bucarest. Hier soir j’ai assisté à la création du monde. Lors de la fete de fin de festival Anim’est, les SEMIOSIS ont fait ça à deux, et en une heure ! Ceux qui connaissent Tolkien - le Silmarillon - savent que le monde fut créé dans une grande musique. Ces deux là, avec un riff de guitare qu’ils ont tordu, distordu, delayé, amplifié, trafiqué, bouclé pendant une heure et des nappes de sons a réveiller Bucarest, nous aurons donné un beau moment de ce festival dédié à l’Animation.

Avec mes collègues du Jury - Amid Amidi de New York et l’anglais Robert Morgan - le réalisateur du cauchemardesque Bobby Yeah - on a donc vu 5 séances de courts et 5 longs métrages. Le palmarès a récompensé POILS de Delphine Hermans, de Belgique, produit par caméra etc ; AN OBVIOUS CHILD de Stephen Irwin de UK, et a donné une mention a Aude Danset (et CdeC) pour leur PREMIER AUTOMNE.

C’est le long métrage brésilien, déja primé a Annecy, O MENINO ET O MUNDO /The Boy and the World de Alê Abreu, magnifique film a voir absolument, a mi chemin enfant/adulte, qui a été primé.

Dire que c’était difficile pour le jury. Que beaucoup d’autres films de qualité ont été projetés dans une sélection de très bon niveau et que en choisir un ou deux est forcément injuste. Il y avait le magnifique BEAUTY de Rino Stefano Tagliafierro, ABSENT MINDED de Roberto Catani dans un dessin proche du Topor de La Planète Sauvage , 8 BULLETS de Frank Ternier, le philosophique MAN ON THE CHAIR de Dahee Jeong et d’autres... qui me pardonneront de ne pas les citer.

Beaucoup de différences entre des films narratifs et d’autres plus abstraits, entre des histoires racontées et des histoires suggérées, entre des films accessibles et d’autres incompréhensibles. Il n’y a pas a choisir, mais on peut se demander pourquoi tous ces efforts et ce travail si c’est pour créer des films ou-l’on-ne-comprend-rien.

A l’inverse, on sent - dans les films français notamment - un gros effort sur le scénario - et on sait bien que les financements de ces films se gagnent sur scénario, et sont souvent accordés par des gens de fiction. Cela laisse un pan entier de films plus abstraits et graphiques de coté... qui se font en solo ou avec des moyens très réduits.

L’équipe de Anim’Est fait un travail fantastique dans un pays qui n’a pas la meme tradition de l’animation que la Tchéquie, la Pologne ou encore la Hongrie. Pas une seule école d’anime, seulement une section à l’Université, autant dire qu’ils partent de zéro ou presque.
Mais ils ont la pèche et ont de nombreux soutiens... Longue vie a Anim’Est !!! et retour à Montreuil...