Lardux Films
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Un rituel, Une cérémonie étrange et aérienne..

2012 , Court Métrage , animation

Durée 15 minutes
Format 16:9
Support DCP

un film de Jérôme Boulbès

Produit en coproduction avec LES TROIS OURS, avec la participation de FRANCE 2, le soutien du CNC COSIP, de l’Aide aux Nouvelles Technologies du CNC, et de la région POITOU CHARENTES

LE FILM

Le dernier film du Maitre des Masques vient de se terminer. Un travail absolument unique, absolument singulier et magnifiquement réalisé et mis en musique par Michel KORB.

Auteur réalisateur, animateur et graphiste, Jérome Boulbès réalise depuis tout petit des films en 3D. Après les courts métrages Le Puits, La mort de Tau, Rascagnes, il commence une trilogie avec Eclosion et Masques, que Le Printemps vient compléter..

On peut lire Une interview de Jérome et une critique sur le site de fou d’anim.

Un sanctuaire au plus profond de la forêt.
Des Masques attendent, se préparent. La musique démarre... Arrive une cage portée par d’autres Masques. A l’intérieur, attachée, une victime. La cérémonie peut commencer : une joyeuse fête de retour du printemps.

NOTE D’INTENTION

Un film musical
Ce projet se place dans la continuité directe de mes deux films précédents. Plus limpide, mais aussi plus long et plus sophistiqué, il est destiné à compléter une « trilogie » et potentiellement à être vu avec les deux autres films pour les compléter et les enrichir.

Là où les deux premiers films proposaient l’observation « extérieure » de cérémonie étranges, « Le Printemps » plongera les spectateurs au coeur même de la fête. La caméra passera rapidement d’un musicien à l’autre, suivant une danse, accompagnant un solo, observant un détail. Elle suivra les danseurs éphémères au début, se laissera emporter quand la « Masse » s’emballera...

Le film propose un fête, un concert, un bal. C’est un film essentiellement musical. La musique et la danse génèrent le mouvement de l’image, elles sont la motivation des cadrages et des mouvements de caméra.

Il y a trois séquences musicales distinctes :
La première est gaie et dynamique, plutôt désordonnée : les Masques-musiciens s’accordent les uns aux autres et « animent » la « Masse » et les petits masques qui dansent dessus.
Puis dans un deuxième temps la musique se construit. La Masse s’emballe petit à petit. L’ensemble dérape. La séquence tourne au cauchemar, culminant quand l’un des musiciens est englouti par la « Masse ».
La troisième séquence est un retour à la légèreté : le sacrifice est achevé, l’équilibre est rétabli, la vie s’est installée. Cette séquence est la plus dansante des trois : si le spectateur se sent entraîné, le but sera atteint.

Pour un tel projet, il est essentiel qu’une confiance solide existe entre le réalisateur et le compositeur. J’ai travaillé depuis maintenant 12 ans avec Michel Korb, il connaît mon univers et mes travers, je connais sa façon de travailler... celle-ci consiste entre autres en un gros travail de recherche et d’improvisation avec les interprètes. C’est pourquoi nous ne faisons pas pour ce projet de choix préalables en termes d’instruments ou de style.

Le thème
Le sacrifice rituel d’un « bouc émissaire » dont le corps partagé sert à la renaissance de la communauté : cette cérémonie, primitive et universelle, est bien connue sous sa forme de la Passion. Mais elle lui est évidemment bien antérieure et est attestée dans la plupart des mythologies, souvent cachée par des siècles de ré-écritures.

La liturgie chrétienne a considérablement adouci et modifié ce rite immémorial en le symbolisant et en plaçant la victime - et non plus les bourreaux - au coeur du dispositif.

Mais les sacrifices, violences collectives et rituels de printemps sont nombreux et sont souvent liés, qu’il s’agisse des sacrifices au Soleil des aztèques, du meurtre-lynchage du jeune dieu Baldr chez les scandinaves, des morts et résurrections de Dionysos, Adonis ou Osiris ; ou encore, à Rome, des cérémonies barbares à Cybèle et Attis, avec émasculations et bains de sang taurin et humain mélangés.
Il n’est d’ailleurs pas dit que ce processus de « meurtre collectif - communion » ait complètement disparu de nos sociétés rationnelles, ni même qu’il n’existe que sous forme symbolique - bien au contraire. C’est pour cela que le film se situe, comme les précédents dans un « ailleurs » géographique et temporel. Les Masques n’appartiennent à aucun groupe culturel - au contraire, ils puisent leur inspiration dans des traditions très diverses. Chacun pourra ainsi y puiser ce qu’il voudra bien y puiser.

Le processus de la danse et de la musique
Le scénario proposé est en fait une trame de départ sur laquelle je demanderai au chorégraphe et au compositeur d’apporter leur pierre, quitte à le modifier de façon substantielle. Le travail du danseur portera principalement sur trois points : les musiciens, la foule, la victime. Les Masques-musiciens du film sont des corps-instruments. Il faudra les dessiner et les incarner sans tomber dans l’imitation.

La foule est le plus gros point. Il s’agit d’une masse informe de débris, un magma, une pâte. Elle sera entièrement animée par la capture de mouvement, peut-être en superposant deux chorégraphies différentes. La séquence de la Ronde finit dans un mouvement quasi-abstrait de masses colorées - animer cette partie par le seul biais du danseur permettra de donner à cette séquence un aspect inquiétant et fascinant.

La victime n’a pas de corps et un visage minimum. Tout sera alors une question de placement dans la cage et de frémissements. Ici, le danseur apportera sa maîtrise du positionnement dans l’espace et sa maîtrise de la respiration.

Un marionnettiste interviendra pour certaines animations : celles des petits masques qui sont créés au début du film et qui exécutent des danses grotesques. Le contraste entre le mouvement léger de la main et la puissance du danseur devrait aider à construire l’ambiguïté de cette séquence.

Enfin, la musique elle même sera génératrice de mouvement : par l’analyse des fréquences, des dynamiques, des rythmes, on générera des couleurs, des vibrations, des lignes de force, dans la masse de débris en mouvements.

Jérome Boulbès


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