Lardux Films
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Racisme anti-ogres primaire !!!

2011 , Court Métrage , animation

6.30 / 35mm / couleur/ Format 1.85 / Dolby SR

un film de Gérard Ollivier

LE FILM

Avec ce 4eme film, Gérard nous propose une fable écologique, un film engagé l’air de rien qui interroge notre société de consommation, d’excès, de malbouffe. Les Ogres deviennent le symbole de cet appétit sans retenue qui gouverne les comportements de consommations. De quoi réfléchir à soi, et se poser des questions. Une musique originale magnifique de Valérie Perez, un parti pris radical qui reste dans la tête. Le film est sélectionné partout à l’étranger et à reçu le prix de l’animation au Rosh Film Festival 2012.

Un Ogre c’est moi, c’est vous : c’est la faim insatiable dévorant l’enfant qui est en nous. C’est demander, en quelques dessins, très simplement, ce que nous peuple d’ogres allons faire de nous.

NOTE DU REALISATEUR

Un ogre est un enfant.
Un enfant est un ogre.
Un enfant est capricieux.
On dit : ne fais pas l’enfant.
Insatiable, il ne pense qu’à lui. Il n’écoute pas les autres.
Il n’écoute que son ventre, son corps qui doit grandir.
Tout lui est dû : il doit d’abord penser à lui.

Un ogre est resté à ce stade. Il a mangé, il a grandi, mais il a toujours faim.
Ce besoin d’assouvir, par son plaisir, une insatisfaction permanente ne lui permet pas de s’intéresser à autre chose que lui-même, ne lui permet pas d’apprendre.

Le confort de notre mode de vie moderne (où l’on ne connaît pas la privation), le nombre réduit d’enfant par foyer (« l’enfant-roi »), une éducation reçue dans un système basé sur la consommation (l’ère du « jetable ») engendrent une génération d’enfants gâtés : des ogres insatisfaits, gourmands de plaisirs, de profits et de pouvoir, mais ignorants. Ignorants du monde qui les entoure, ignorants des conséquences de leur avidité, ignorants de leur futur, ignorants de leur passé.

Tant d’ignorance nous mènera sans doute à notre perte (et peut-être à celle de notre planète).

Alors, que faire de tous ces ogres ?

Cette dernière question incite à une réflexion active. Le constat que je fais me paraît inquiétant. Je ne suis pourtant pas inquiet ! Il me semble que cette prise de conscience est nécessaire, sinon salvatrice, dès lors qu’elle incite à trouver des réponses.

L’aspect écologique est à peine évoqué parce que l’irrespect des humains vis à vis de notre planète ne m’apparaît que comme une conséquence (la plus grave, à mon sens) de ce que j’appelle l’ignorance.

Je me fais l’effet d’être un peu prétentieux en avançant tout ça, mais cette prise de position me fait du bien et, je suppose, donne du coeur et du corps au film.
Allégorique ?

Le parti pris graphique est plus que simpliste : enfantin, le style du dessin sera proche du story-board. Ma volonté est que le sens soit mis en avant et non pas le trait du dessin.

Les images sont faciles à interpréter par chacun, selon ses propres perceptions. Un Ogre est la représentation symbolique d’un être humain, d’un pays, d’un consommateur, d’un patron, d’un parent, d’un empire, d’un insatisfait, etc... pour qui veut interpréter.

Les quelques films que j’ai réalisé ont toujours eu une forme allégorique. 100 PAPIERS et BURGER BURP’S jouent avec des symboles (arrêté d’expulsion, marteau, dollars, Ronald Mac Reagan) je pourrais même parler de clichés, liés entre eux par une logique très rationnelle, presque scientifique (processus mécanique de fabrication, machineries, chronologie), travestie jusqu’à l’absurde.

Un Ogre contient de cela, mais je m’éloigne de cette démonstration mathématique pour donner quelque chose de beaucoup plus personnel, toujours allégorique, et pas drôle, bien que présentée sans dramatiser, sous un aspect « léger ».

Quelques fois ou je présentais 100 PAPIERS ou BURGER BURP’S, on me demandait mon point de vue de cinéaste « engagé » : je ne propose pas cette fois une opinion sur laquelle chacun ne peut qu’être d’accord. Je donne « mon point de vue du coeur », j’exprime quelque chose de beaucoup plus ressenti que réfléchi, et je lui accorde d’autant plus de foi.

Le court métrage est le meilleur moyen que je connaisse pour faire sentir quelque chose en quoi je crois profondément sans pouvoir, et aussi sans vouloir, l’expliquer par un raisonnement.

Je veux poser au monde simplement cette question : comme peut-on, doit-on se comporter nous adultes ? Face a cet enfant insatiable et malheureux qui doit nous dévorer ?
Parti pris graphique

Les dessins sont à l’encre de chine. Edouard Baudoin, dessinateur de Bd sur lequel j’ai réalisé un film m’a influencé.

Le choix du style graphique va évidemment dans le sens de la symbolique, et de la simplicité, des images faciles à comprendre (même par un enfant).

La naiveté du trait comme dessiné par un enfant, cette candeur inspirée par le dessin, renforceront, par contraste, le coté horrible de l’ogre et de ses actes.

Le film est en Noir ou Blanc : pas de gris : les tons intermédiaires sont fait en « grattant » le papier avec le pinceau mi-sec. Je pense que ça donnera un bel aspect en animation (ombres très mouvantes), un aspect brouillon, gribouillé, griffé qui animera les zones sombres.

L’encre de Chine permet aussi des lignes simples plus présentes au début du film quand l’Ogre est encore à l’âge enfantin. Les traits sont tremblants malhabiles, voire gribouillés de façon frénétique lorsqu’ils définissent « l’ogrisme » (ou « ogreur »). Ils seront plus réalistes pour les objets et plus lisses et courbes pour les êtres humains (femmes, premiers dessins du film très épurés : un sexe de femme). La présence par contraste de formes maîtrisées renforce le parti-pris d’un Ogre « mal-foutu ».

Gérard Ollivier

PDF - 3 Mo

Une interview de Gérard Ollivier sur le site de l’APEAS - Economie alternative et solidaire en Paca

A découvrir les films de Gérard Ollivier : Burger Burp’s & The Happy Farmer, Blanche Faienceet Cent papiers. _