Lardux Films
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Prix du Documentaire Historique 2012

2011 , Court Métrage , documentaire , éssai

55 minutes, HD 16/9eme, Stéréo, Visa n°123 441, une coproduction Lardux Films - INA avec le soutien du CNC et de la Procirep/Angoa

un film de Isabelle Berteletti , Laurent CIBIEN

LE FILM

A projet exceptionnel, résultat exceptionnel. Monsieur M, 1968 est enfin terminé, et n’a pas trahi ses promesses. un film-essai, sur... la modernité, sur l’homme qui n’a pas fait 68, sur le travail, sur la TV, sur l’époque, celle çi et la nôtre ... C’est notre première collaboration avec Barbara Levendangeur qui produira avec nous plusieurs de nos meilleurs documentaires...

Sa diffusion sur ARTE le 27 Février 2012 dans le cadre de la prestigieuse émission LA LUCARNE, consacrée au documentaire de création, a été remarquée par quelques journaux (voir en bas de page).

Prix de la Création au Festival Traces de Vies 2012 et Grand prix du Festival A NOUS DE VOIR de Oullins 2011 !!!

Et en Septembre 2012, Prix du Documentaire Historique au Rendez vous (de l’histoire) de Blois. Un jury prestigieux, une compétition de haut niveau... Yes !!!

Enfin, en Juin 2013, le film remporte une ETOILE DE LA SCAM !!!

« Les secteurs d’une ville sont à un certain niveau lisibles,
mais le sens qu’ils ont eu pour nous personnellement est intransmissible.
Comme toute cette clandestinité de la vie privée, sur laquelle on ne possède jamais que des documents dérisoires »

Guy Debord
Critique de la séparation - 1961


Résumé


Un petit agenda noir, retrouvé, avec d’autres, dans la cave d’une maison après le décès de son propriétaire. Sur cet agenda, celui de l’année 1968, une fine écriture : jour après jour, Mr M, 41 ans, vieux garçon vivant chez ses parents, employé de bureau à l’Institut Géographique National, raconte, sans passion ni sentiment, les évènements de sa vie : les promenades avec sa mère au supermarché, les travaux dans la ville, les rues qu’il prend pour aller travailler, le frigo qui tombe en panne, le compte en banque… Et la télé, tous les soirs ou presque, sur la chaîne unique : Pierre Sabbagh, Georges Descrières, Michel Droit, 5 colonnes à la Une, Les Chevaliers du Ciel… Une vie bien réglée, dans une période où tout se dérègle. Sous la mine du crayon à papier de Mr M, des échos de plus en plus forts d’une révolte en train de naître, d’un monde en train de changer, se font entendre… Une réflexion sur l’ordre et le désordre.

L’histoire


Un agenda, sauvé du chaos
Un petit agenda noir que nous avons retrouvé, avec d’autres, dans la cave d’une maison de Montreuil, après le décès de son propriétaire. Sur cet agenda, celui de l’année 1968, une fine écriture : jour après jour, Monsieur M, 41 ans, vieux garçon vivant chez ses parents, ouvrier-cartographe à l’Institut Géographique National, raconte, sans passion ni sentiment, les évènements de sa vie : les promenades avec sa mère au supermarché, les travaux dans la ville, les rues qu’il prend pour aller travailler, les départs en vacances ou en retraite de ses collègues de bureau, ses bouts de chemins avec Joëlle, sa voisine d’atelier, le frigo qui tombe en panne, le compte en banque… Et la télé, tous les soirs ou presque : Pierre Sabbagh, Georges Descrières, Michel Droit, 5 colonnes à la Une, Les Chevaliers du Ciel…
Une vie bien réglée qui nous parle d’un temps d’avant. D’avant que tout se dérègle. Sous la mine du crayon à papier de Monsieur M, des échos de plus en plus forts d’une révolte en train de naître, d’un monde
en train de changer, se font entendre… « Violente manifestations entre
étudiants et force de l’ordre » note-t-il à la date du 11 mai.
Entre la société qui se détraque (grève des transports, manifestations
et contre-manifestation, écran noir à la télévision) et la vie quotidienne
qui continue (les soins dentaires de Mère, les cartes à finir, le respect
de la hiérarchie), Monsieur M est pris entre deux feux. Il doit choisir :
il se replie…
Quand l’IGN se met en grève, Monsieur M en fait, littéralement,
une jaunisse.

Après mai, après la maladie, c’est le retour à l’ordre. « A l’ombre des évènements succède le soleil des vacances », comme le résumera une rétrospective de l’année 68 diffusée en décembre à la télévision.
Après cela, le monde est pareil et pas pareil – le monde file vers la modernité. Vers aujourd’hui. Sous les pavés, les ordinateurs et les caméras de vidéosurveillance. Les images se brouillent et se dédoublent. Les mots et les écrans se multiplient.

« Monsieur M (1968) » est un essai poétique et politique qui s’inspire
de ce carnet, c’est l’histoire d’une année extraordinaire racontée du point de vue d’un homme dont la vie est très ordinaire1.

C’est un essai cinématographique et musical qui se nourrit de l’agenda et des différents champs qui le traversent : la télévision, le monde du travail, les parcours dans la ville… Ces matériaux, et d’autres encore, donnent lieu à un dialogue entre un cinéaste et une musicienne.

C’est une réflexion sur le temps et la modernité qui part de l’année 68
pour s’interroger sur la société d’aujourd’hui. Un film qui parle de l’ordre
et du désordre, du décalage entre un individu et le Monde, décalage
qui provoque aussi bien le rire que l’angoisse.

L’intention


Une porte ouverte aux imaginaires
Au commencement, il y a eu la rencontre avec ces carnets, lors de l’achat, par Isabelle Berteletti, d’une petite maison à Montreuil, après le décès de son propriétaire. Un homme solitaire, renfermé, misanthrope, inquiétant même. Grâce à un voisin, animé par le désir d’avertir d’éventuels proches de la mort du vieil homme, ces quelques agendas ont miraculeusement échappé au chaos du Monde et de l’histoire, à l’oubli définitif au fond d’une poubelle.
Nous les avons récupérés, lus et relus, nous nous sommes appropriés ces mots, cette histoire d’un inconnu. Est-ce une oeuvre d’art ? En soi, sans doute, comme on parle d’art brut. Mais aussi par notre désir d’en faire une oeuvre. Par notre envie d’un dialogue entre un réalisateur et une musicienne à partir de cet objet.
Un désir né immédiatement de la lecture, de cette plongée dans cette
vie (en apparence) si banale et si terne.
Qu’est-ce qui a résonné en nous ?
Quelles cordes les plus intimes ces « documents dérisoires » ont-ils fait vibrer ? Cela a à voir avec la vie, sa fragilité, sa futilité même. Parce que ce n’est pas un témoignage ou une analyse d’une époque, ni un journal « intime », au sens où Monsieur M y raconterait des tourments inavoués, parce que c’est un descriptif sans affect d’une vie quotidienne constituée d’une succession de micro-évènements, ces carnets nous ouvrent à l’universel : la vie humaine, simplement, avec ses temps forts et ses temps faibles, ses pulsations et ses absences.

C’est une porte grande ouverte pour l’imaginaire, le nôtre, mais aussi
celui de tout spectateur. Nous voulons préserver ce sentiment fragile, ce moment unique que nous avons ressenti en lisant pour la première fois ces carnets, afin que chacun puisse se faire son film : Monsieur M peut faire peur ou faire rire, toucher ou angoisser. Il était peut-être fou, ou peut-être d’une extrême normalité.

Un homme gris, un homme sans qualité ou un dangereux pervers ?
Les frontières se dissolvent, Monsieur M est peut-être un peu de chacun de nous, un extrême possible. C’est pour cela que Monsieur
M n’a pas de nom ni de corps, que la vraie vie de Monsieur M n’est pas l’objet du film – juste une piste parmi d’autres…
Parmi la dizaine d’agendas conservés, nous avons choisi celui de l’année 1968. Parce que c’est une année qui, pour chacun de nous, a une signification différente, une année qui ouvre en elle-même l’imaginaire, une base commune pour un rêve différent – merveilleuse libération pour les uns, dangereuse anarchie pour d’autres…

Monsieur M fait 68. Comme il a fait 67, comme il fera 69, 70 etc…
Il nous renvoie à une question universelle : comment peut-on passer à côté d’un événement. Mais il nous interroge aussi : c’est quoi un événement ? Qu’est-ce qui compte le plus : la manifestation des étudiants ou le rendez-vous de Mère pour une extraction d’une dent ? L’assassinat de Robert Kennedy ou le fait d’emporter pour la première fois « la petite serviette en plastique noir que Père a achetée à Toulon en 1962 qui est plus légère et moins encombrante que celle en cuir » ?

La rencontre de Monsieur M et de 1968 construit un dialogue, une dialectique entre ordre et désordre. Désordre du Monde – manifestations, grèves – ordre du carnet – colonnes des comptes, relevé des rues, mots soulignés en rouge ou en bleu – retour à l’ordre – De Gaulle à la télé et chars russes à Prague – désordre mental – Monsieur M est-il fou ? Cette question de l’ordre et du désordre est aussi bien psychanalytique que politique, scientifique que poétique, et bien sûr, musicale et cinématographique : le montage est-il une mise en ordre ? ou une organisation du désordre ?

« Monsieur M (1968) » est un essai documentaire dans lequel nous mettons en jeu notre perception du réel – et non le réel lui-même (ce n’est pas un film sociologique ou historique ou une enquête policière sur cet homme). C’est notre représentation du Monde d’aujourd’hui : quand nous filmons les rues de Montreuil ou l’Institut Géographique National, c’est à notre époque, et non en 68. Nous filmons donc la modernité, et à travers le film, construit par le temps chronologique de l’agenda, du 1er janvier au 31 décembre, c’est aussi un passage d’hier à aujourd’hui, d’une période (avant mai 68) qui apparaît immuable à la multiplication des messages, des discours, des sens, des objets techniques de notre époque.
C’est donc notre propre parcours dans l’année 1968 de Monsieur M qui nous conduit à porter un regard sur notre société d’aujourd’hui. Un regard ni nostalgique, ni positiviste, qui vise à distinguer, dans le désordre ambiant, les invariants d’un ordre implacable.
Au delà du rire, de l’étonnement ou de l’angoisse, que provoquent, souvent, ces simples mots d’un homme au premier abord ordinaire vivant une vie sans relief, nous voulons raconter une histoire universelle, celle d’une vie simplement humaine. Cela passe par une recherche d’une écriture singulière, utilisant des sources très différentes d’images, des paroles variées et un travail aigu d’invention musicale et sonore, à base de captations et de créations, de références, d’accumulations et de silences.
Isabelle Berteletti et Laurent Cibien

une interview de Laurent et Isabelle faite à Lussas par Nicolas Charrol sur et pour le site LIBRESPACE, c’est içi

Article LE MONDE

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Article LE MONDE MONSIEUR M, 1968

Article TELERAMA 1

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Article Monsieur M dans TELERAMA de Fevrier 2012 (2)

Article TELERAMA 2

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Article Monsieur M dans TELERAMA (1)

Article TELEOBS

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Article Monsieur M dans le Nouvel Obs de Février 2012

Article LES INROCKS

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Article Monsieur M dans les inrocks de Février 2012
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Presse Monsieur M, Visions du réel - 1
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Presse Monsieur M, Visions du réel - 2

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DVD

Le film est édité en DVD et commandable sur le site (voir bon de commande en dessous) et est disponible pour des projections en DVD, HDV, HDCam et bientôt en DCP. Pour toute question concernant une diffusion, contactez nous au 01 48 59 41 88