Lardux Films
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2010 , documentaire

un film de Didier BERGOUNHOUX

LE FILM
J’ai reve d un autre monde (Version orginale) IMG/flv/Jai_reve_171110_Flash_VF.flv

Germain Sahry a fondé et dirige depuis 20 ans, à Pau, la plus importante communauté Emmaüs de France.

Il a initié, entre autres, un vaste projet d’échanges solidaires entre les compagnons de la communauté et des paysans du Burkina Faso, en créant pour et avec eux une association (l’AIDMR).

Celle-ci regroupe aujourd’hui 42 villages et fédère 20 000 cultivateurs du plateau central mossi. C’est son désir et sa perception “d’un autre monde” plus juste et plus équitable qui ont conduit Germain à créer cette association.

L’autonomie des paysans burkinabè et la souveraineté alimentaire pour tous sont au coeur du projet. Des échanges culturels, professionnels et des travaux communs, que ce soit à la communauté, dans les villages, au Burkina comme en France, soudent des hommes et des amitiés.

Ce film nous emmène au coeur des rencontres, des projets de ces femmes et de ces hommes du Béarn ou d’Afrique, il laisse paraître des instants de petits bonheurs partagés, des émotions ou du silence, des certitudes comme des doutes pour tous.

Il permet aussi de s’interroger sur l’aide au développement et sur les motivations pour un “autre monde”que partagent des hommes d’univers différents.
Note d’intention

En réalisant mes précédents films et mes reportages photographiques au Sahel, j’ai pu me rendre compte du désarroi de villageois qui attendaient une aide depuis des années pour le forage d’un point d’eau potable et se voyaient finalement attribuer un dispensaire ou une école au titre d’un :“ programme international d’ajustement structurel “...

Les bénéficiaires de ces aides au développement ne semblent donc jamais satisfaits, il y a tant à faire, ils semblent aussi dans une quête perpétuelle de cet argent “miracle “venu d’ailleurs.

Mais sont-ils écoutés dans leurs priorités, sont-ils les acteurs prenants de leur réalité et de leurs besoins véritables ? Le mécanisme d’aide au développement tel qu’il est appliqué par la communauté internationale depuis la décolonisation n’est souvent qu’une intégration qui débouche sur une exclusion.

Plus grave, la dépendance entretenue par l’attente systématique d’une aide extérieure a lentement gangrené les volontés des populations à “ se réaliser “. Tout projet dans les villages n’est imaginé potentiellement réalisable que par le biais de la main tendue. C’est ce qu’ont dénoncé dans un rapport remis à l’ONU, Aimé Césaire et Joseph Ki-Zerbo réunis lors d’un colloque de réflexion sur le développement durable : “ On ne développe pas, on se développe. Il n’y a pas de développement clés en main, le seul viable et valable est le développement clés en tête.”

Ma rencontre avec Germain a eu lieu par hasard durant ma réflexion sur ces enjeux. C’est un homme qui lutte depuis des années contre un système qui ne partage pas.
Il dirige depuis 20 ans la plus grande communauté Emmaüs de France, à Pau. On ne développe pas, on se développe, c’est sur ces bases devenues les siennes que Germain a rencontré l’Afrique, plus précisément le Burkina Faso en 1993. Lui qui lutte dans son quotidien, dont la fougue et la foi aide les hommes à se remettre debout ici, il décide d’en faire un modèle exportable. Le partage, Germain n’en est pas avare. Admiratif du courage des paysans, il devient ambassadeur des villages burkinabé et entraîne les compagnons de sa communauté, des élus de sa région et des paysans béarnais dans son sillage.

Mais ne soyons pas dupes, on ne parle pas ici de reconstruction thérapeutique pour des marginaux mais d’échanges d’homme à homme. Car le partage, il a lieu dans le travail, les burkinabé en France vont se coltiner au tri des vieilles godasses, les compagnons vont taper la roche du plateau mossi en plein soleil et porter du caillou pour la construction des cordons pierreux.

Nous sommes loin d’un fonctionnement d’échanges associatifs humanitaires rompu aux échanges habituels. La singularité et l’originalité du projet de Germain et de l’organisation paysanne burkinabé (l’AIDMR) réside dans le fait que, contrairement à nombre d’initiatives qui sont menées depuis la France sur le sol africain, il s’agit là d’un véritable partenariat. Les échanges, les allers-retours France Burkina, et inversement, sont permanents et réguliers. Ils profitent aussi bien aux compagnons, paysans ou pas, qu’aux burkinabè. Chacun travaille et vit avec l’autre dans l’esprit d’une tâche commune à accomplir. La crise économique n’a pas arrêté Germain alors que la communauté rencontre des difficultés financières en ce moment.

“ Un monde meilleur est possible ” affirme-t-il et il agit toujours. Pourtant, muni des meilleures intentions il semble entretenir involontairement ce développement clés en main qu’il condamne. Malgré l’apport de moyens réguliers tant matériels que financiers à l’AIDMR, le choix et l’orientation des projets laissés aux délégués de l’association, cela ne fonctionne pas si bien. C’est ce paradoxe qui a conforté mon désir de réaliser ce film et d’appréhender la complexité des êtres et des cultures derrière les apparences.

DVD

Pour toute programmation le film est disponible en Vidéo HDCam et HDV, à Lardux Films au 01 48 59 41 88. SI vous vous intéressez au sujet, commandez nous le DVD !!!