Lardux Films
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Un TOC, des TICS, un bijou d’animation !

2011 , Court Métrage , animation

13 mn environ, 35mm Couleur Dolby SRD, Format 1:66, Visa n°123 390

un film de Loic MALO

un projet récompensé du Prix Centre-Images et Canal + au Concours de Projet d’Annecy 2008, le film à été produit avec le soutien de la Région CENTRE - Centre-Images (Aide à la production et Aide à la Musique) , du CNC Aide sélective, et la participation de CANAL +

LE FILM

Le Môme Tintouin est atteint d’un mal dont on a pas idée : obsessions, sentiments oppressants, dialogues sans fin entre soi et soi.
Le moindre acte de la vie quotidienne est un problème.
Faut il faire comme ci ? Comme ça ? Quels sont les risques ? _ Quels sont ces ennemis ?
Et à l’intérieur de ce crâne fragile, la tempête, un vent de paroles complexes, insidieuses, contradictoires, schizophrènes.
Le môme ne sait plus où donner de la tête !

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Le môme tintouin se laisserait-il aller à des actions frisant le ridicule ?

Rien ne permet de l’affirmer. On aurait tendance à dire qu’il travaille du chapeau mais de toute évidence, le môme Tintouin se heurte à des phobies qui lui rendent la vie impossible.

LE MÔME TOQUÉ

LES TOCS, LE SUJET

Sortie tout droit d’un monde à part, l’histoire du Tintouin nous plonge dans un univers fabriqué de toutes pièces. Ici, rien ne se déroule de façon trop sérieuse, ici tout est volontairement amplifié. C’est une vision arrachée à la nuit, une avancée en solitaire dans un monde intérieur qu’il faut apprivoiser. Les anomalies avec le réel et les visions peu réalistes s’enchaînent. Elles délimitent le territoire de ses peurs et de ses phobies qui hantent son existence. A sa manière, il nous fait revivre nos terreurs anciennes, celles d’un enfant dont les souvenirs remontent à la surface, aux détours des objets et des lieux familiers.
Ne pas fermer l’œil de la nuit au moindre souci n’a rien d’exceptionnel en soi. Être enclin à se laver les mains trop souvent, c’est peut-être déjà le signe d’un dérèglement, et si vérifier la fermeture des portes devient une activité prédominante alors il faut croire à la manifestation d’un trouble plus profond. C’est ici que le film commence. Quand les pensées pénibles prennent le pas sur toute autre considération, tout peut devenir source d’angoisse ou d’anxiété pour le toqué. Si le TOC a frappé, il ne faut pas en conclure pour autant que la situation est sans issue. Face à un danger supposé, le plus souvent exagéré, la personne ne peut contrôler ses angoisses. Elles ne sont pas complètement infondées mais c’est l’ampleur du signal qui est démesuré. Avoir peur de se tâcher est compréhensible et chacun sait y faire face sans difficulté à la différence de l’obsessionnel compulsif qui y voit un sujet de préoccupation, une pensée pénible et même un danger pour lui ou pour les autres. Si leur présence en chacun d’entre nous est décelable à un moindre niveau, les obsessions compulsions de faibles intensités sont souvent sans conséquence en termes de handicap et de temps perdu. A l’inverse, elles peuvent aboutir à des situations dramatiques par l’emprise durable de peurs incontrôlables et invalidantes.

LA NARRATION, LE PERSONNAGE

Ici, c’est vraiment l’histoire de quelqu’un qui aimerait vivre de nouveau comme avant, c’est-à-dire comme tout le monde mais qui finit par comprendre que cela ne sera pas si facile. Sa tête ne marche pas très droit et face à cette réalité pénible qui lui colle à la peau, l’action se concentre alors sur son impossibilité de vivre comme il voudrait. On est centré sur lui et sur son univers mental déréglé. Le môme Tintouin est dans son monde parce qu’il est rare de trouver une oreille attentive face à ce type de dérèglement. De l’étrangeté, le môme Tintouin en revendique. Après tout, personne n’est en mesure d’expliquer certains phénomènes étranges de la pensée. En étant habité par deux voix dont l’origine reste mystérieuse, il doit trouver la parade pour ne pas se laisser aller à un dérèglement plus profond, On est dans un monde transposé où le doute subsiste, où rien ne se s’explique d’emblée. Le récit s’organise autour de ses multiples stratégies d’évitement et c’est en cela qu’il est complètement imaginaire. Il garde cependant quelque chose en lui qui me concerne directement. Le souvenir d’avoir été sous l’influence d’un trouble obsessionnel m’incite à dédramatiser son cheminement dans la maladie ; et cela d’autant plus facilement que l’action modérée qu’il manifesta à mon encontre fut limité dans le temps. Rien de bien handicapant en définitive mais la sensation diffuse d’avoir traversé une période compliquée est restée. Ce qui est propre à l’enfance ne figure pas seulement sur un terrain de jeu. En y faisant référence, j’y vois une manière détournée de parler de sensations profondes qui n’ont rien d’anodines.
En imaginant un Trouble Obsessionnel Compulsif à multiples facettes, le ton se veut résolument positif. Le personnage va de l’avant et lutte avec vaillance malgré l’emprise de ses démons. Il a onze ans et rien ne le détourne de son but avoué de se sentir libre. Dans sa vie quotidienne angoissée, on y trouve LE DENTIFRICE, LA BROSSE à DENTS, LES BOTTES en CAOUTCHOUC, LES GANTS de BOXE, LES GRANDS COMPRIMÉS contre le stress. Ils sont les signes tangibles de son malaise. Ils deviendront les objets emblématiques de ses tracas mais aussi de sa libération, quand viendra l’épisode du SAC EN PAPIER. Depuis que les deux voix intérieures parasitent le déroulement de sa vie, il aimerait s’en débarrasser en osant leur dire « LAISSEZ-MOI VIVRE COMME JE VEUX ».
LES VOIX du MÔME TINTOUIN

LES TROIS VOIX, L’INTERPRÉTATION

Dans ce trio à trois voix, on trouve le môme Tintouin et les deux narrateurs. Face à cette joute verbale qui s’instaure entre les deux voix adultes, et dans laquelle s’oppose LUCIDITÉ et MENSONGE, le « JE » du môme tintouin nous donne sans détours sa part de vérité pendant le PROLOGUE et L’EPILOGUE.


LE MÔME TINTOUIN exprime soit de la désillusion, soit de l’euphorie avant de sombrer dans une forme de nostalgie quand il prend conscience d’avoir perdu une part de son imaginaire. Pour incarner les différents états de sa vie intérieure, la voix sera celle d’un garçon au seuil de l’adolescence. Il lutte non seulement contre ses troubles obsessionnels mais aussi contre la fatigue et l’ennui. Les quelques soupirs, les PFFFF de celui qui est désabusé ou les onomatopées évoquant des formes d’impatience jalonneront les paroles d’une touche d’humeur.
Le « TU » des deux narrateurs amplifie le DEDOUBLEMENT. Bien résolues à se faire entendre, les deux voix ADULTES, affirment chacune leur autorité et leurs certitudes face aux événements. Les deux observateurs attentifs se font volontiers les témoins critiques et assidus de son malaise. Elles font sonner leur petite musique singulière à l’oreille. Si l’une est nettement plus sombre et même plus ambiguë par les conseils qu’elle prodigue, l’autre est résolument positive et chaleureuse.
LE BIENVEILLANT possède de la rondeur mais aussi de l’hésitation dans la voix comme si la pensée cherchait le mot juste pour se faire entendre. Sa parole accumule les indications de cet effort par la répétition des mots. Elle tâtonne comme si la mémoire demandait un temps supplémentaire pour se faire entendre. Une lecture plus ou moins appuyée avec une touche d’ironie dans l’interprétation. Un ensemble de nuances à trouver pour une mise en bouche à venir. Empathique, elle introduit plus ou moins de bonhomie selon sa lecture des événements.
LE FATALISTE est plus limité dans ses interventions. C’est aussi le plus mystérieux ou le plus complexe des deux. En incarnant le mauvais rôle, il est celui qui prend un malin plaisir à lui renvoyer une image négative. Il se révèle par sa facilité à semer le doute et l’équivoque. L’interprétation jouera davantage sur un esprit de fausse connivence. Ses hésitations trahissent le bien fondé de ses intentions. Cest bien lui le trublion de l’histoire. Sur le ton de la confidence, il s’immisce dans la conversation sans jamais s’apesantir.

Loic MALO

LE MOME TINTOUIN

DVD

Le film est diponible en DVD directement à LARDUX FILMS - voir le bon de commande DVD - pour toute programmation, le film existe en 35mm Dolby SRD disponible à l’Agence du Court métrage au 01 42 27 26 00 , pour les supports numériques, DVD ou Vidéo contactez Lardux Films au 01 48 59 41 88.