Lardux Films
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Le film est sorti en salles en Avril 2004, distribué par léa coopérative COERRANCES et a rencontré environ 40 000 spectateurs !!!

Jamais diffusé en TV sauf sur CITYZEN TELEVISION, qui a pré acheté le film, l’a coproduit et grâce à qui nous avons pu le produire !!!

Extraits de presse

POLITIS le jeudi 22 avril 2004
« Pas assez de volume ! » : un documentaire sur la folle mécanique de l’OMC par Aline Chambras

Le cinéaste Vincent Glenn a décidé d’enquêter en profondeur sur l’Organisation mondiale du commerce. Il en sort un film percutant et ludique, « Pas assez de volume ! ».

La première image du documentaire de Vincent Glenn, Pas assez de volume ! (Notes sur l’OMC), retentit aussi fort que la musique qui l’accompagne : Bernard Lubat, le troubadour gascon, free jazzman, musicien essayiste, occupe l’écran de ses créations acoustiques. Le rythme est donné : on abordera la mystèrieuse Organisation mondiale du commerce (OMC) avec swing. Peut-être parce que ces trois lettres donnent envie de les scander, comme dans le morceau de rap de Lyor, du Collectif 129 H, qui martèle le générique. « L’Odeur Manque de Cash [...] et l’on s’Offusque des Mots en se Cachant... Derrière des sigles. » OMC : trois lettres pour une institution internationale dont le champ d’influence n’a cessé de s’étendre depuis sa création, en 1995, et qui essuie des attaques répétées depuis la bataille de Seattle, en 1999. Vincent Glenn nous dit comment et pourquoi.

Le film se présente comme une enquête � ou plutôt une quête menée par le réalisateur ?. En candide, façon Michael Moore dans Roger et moi, Vincent Glenn décide de s’attaquer à l’opacité de l’organisation, dont le mandat officiel est d’arbitrer le commerce mondial. Le point de départ de sa réflexion s’ancre dans le festival des Nuits atypiques de Langon, où il croise artistes et penseurs, dont Bernard Lubat. Au cours des débats, le sigle OMC revient sans cesse : « Je me suis rendu compte que mes connaissances sur le pouvoir et la mission de l’OMC restaient rudimentaires. J’ai donc décidé de m’attaquer à ce mot. » Première étape : rencontrer Mike Moore, le directeur général de l’institution de 1995 à 2002, dont la pugnacité à défendre son organisation comme s’il s’agissait d’une association à but humanitaire prète à rire. Mais l’OMC, c’est tout sauf drôle. Le cynisme de Mike Moore, mis en relief par un cadrage serré sur sa bouche pincée, se déverse sans retenue. Vincent Glenn laisse dériver son interlocuteur avec délectation. La rencontre avec Pascal Lamy, négociateur de l’Union européenne auprès de l’OMC, est un autre moment fort du documentaire, qui révèle une partie des objectifs poursuivis par l’organisation. Déclarant que « l’ouverture économique est une bonne chose, même pour ceux qui perdent leur emploi à cause de cette ouverture », Pascal Lamy a droit à un retour sur séquence. Image à l’appui, le spectateur peut s’assurer qu’il a bien entendu ! Tous les moments clés sont ainsi soulignés, dans un démontage précis de la folle mécanique de l’OMC.

Fort de ces premiers contacts, notre candide se tourne vers les détracteurs de l’organisation. Il croise ainsi Agnès Bertrand, auteure de l’OMC, le pouvoir invisible, Raoul Marc Jennar, chercheur à l’Urfig (Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation), José Bové et d’autres, qui tous mettent l’accent sur les visées ultralibérales et le manque de démocratie de cette instance. Mélant des entretiens pédagogiques, des images de la vie quotidienne et des scènes surréalistes de cauchemars altermondialistes, au cours desquels le narrateur se met en scène, pris au piège d’une « société du gavage, de la surinformation », Vincent Glenn ne se prive d’aucun détour. Il veut que l’on sente combien le processus de déchiffrage auquel il se livre est susceptible de « faire péter les plombs. » Peu à peu, il dresse un portrait polémique d’une OMC déshumanisante et inquiétante, au service des puissants.

Vincent Glenn est un entêté
Enquête sur l’OMC

-  par Bertrand Ruiz - Sud-Ouest

Vincent Glenn est un entêté. Ce jeune cinéaste veut comprendre à tout prix. Comment fonctionne l’OMC ? Quelles seront les répercussions de l’AGCS, l’accord général sur le commerce des services ? Pour tenter d’obtenir quelques réponses, Vincent Glenn n’a pas d’autres moyens que de trimballer sa caméra de Montreuil à Genève en passant par Langon.
Auteur de « Davos Porto Alegre », un film déjà présenté lors des Nuits Atypiques, Vincent Glenn a eu le « déclic » lors de la première guerre du Golfe, au début des années 1990. « La guerre vue de France, c’était un flash d’actualité entre deux réclames. Ca m’a posé la question de l’information dans les sociétés technologiquement avancées comme la nôtre. La multiplication des informations finit par alimenter la désinformation et engendrer le sentiment d’impuissance vis à vis d’institutions comme l’OMC ».

Nourri tout aussi bien de Michael Moore (« Roger et Moi ») que de Nanni Moretti, Fellini ou Orson Welles, Vincent Glenn va dès lors utiliser le documentaire comme un outil d’explication, engagé et volontiers critique... En 2001, Vincent Glenn est de passage à Uzeste et aux Nuits Atypiques de Langon qui fêtent leur dixième anniversaire. Entre Patrick Lavaud, le directeur des Nuits, et Vincent Glenn, le courant passe. Avec l’aide du Conseil Régional, les Nuits Atypiques produiront le prochain film du cinéaste. Vincent Glenn a carte blanche....

Prix Nobel. Il faudra trois années d’enquête, de tournage et de montage à Vincent Glenn pour accoucher de « Pas assez de volume, notes sur l’OMC », un documentaire fouillé et précis qui, selon le souhait du réalisateur, devrait « servir le débat ». « Le festival des Nuits Atypiques est le point de départ du film et de ma réflexion ». Une réflexion qui choisit délibérément de se limiter à la question économique pour amener Vincent Glenn à Genève, dans les bureaux même de l’OMC où il interrogera tour à tour Mike Moore, directeur général de l’OMC de 1995 à 2002, et Supachai Panitchpàki, l’actuel directeur général... « Pas assez de volume, notes sur l’OMC » explore ainsi pendant 140 minutes l’histoire de l’organisation mondiale du commerce. Le GATT, l’Uruguay Round, Seattle, l’antimondialisation qui devient altermondialisation... Le spectateur progresse dans sa réflexion en même temps que le réalisateur, forcément aidé par les explications limpides de José Bové, de l’économiste René Passet ou du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Scindé en deux parties égales (l’une sur l’OMC, l’autre sur l’AGCS), « Pas assez de volume » rend lisible une organisation « plus puissante que l’ONU », sans aucun contrôle démocratique, qui se pose en grand arbitre de la libéralisation totale des marchés, en réduisant l’homme à sa fonction de consommateur...

Sorti nationalement le 21 avril 2004, « Pas assez de volume » a été salué par la critique pour ses vertus foncièrement pédagogiques. « OEuvre d’utilité publique » selon « Télérama », « un film percutant et ludique » selon Politis, « utile » selon le Monde, « un passionnant périple » d’après Libération... « Pas assez de volume » se lit comme une introspection au coeur d’une institution tenant entre ses mains l’avenir de milliards d’êtres humains, un colosse dont les pieds ne seraient peut-être fait que d’argile à force de décisions contre-productives socialement parlant.

par Bertrand Ruiz - Sud-Ouest