Lardux Films
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« Notes sur l’OMC » et « Notes sur l’AGCS »

GRANDE ENQUETE MILITANTE

2004 , long métrage , documentaire

2 x 70 minutes, Vidéo Pal 26/9, Stéréo, Visa n°104015 du 29/06/04 (notes sur l’AGCS) et visa n°104015 du 29/06/04 (Notes sur l’OMC)

un film de Vincent Glenn

Une coproduction LARDUX FILMS - FILM’O - NUITS ATYPIQUES - CALLYSTA PRODUCTIONS

Nous avons suivi Vincent Glenn dans sa quête, son enquête. A travers ce film, parler a tous, de manière crédible et intelligible de l’OMC, de l’AGCS, de ces processus de négociations opaques, dont les enjeux sont difficiles à percevoir. 3 ans de tournage produits par Eric de Callysta productions, Katya de Film’o, Christian de Lardux et qui n’auraient pas eu lieu sans l’intervention et le soutien, dès le départ, du Festival LES NUITS ATYPIQUES DE LANGON et de son directeur Patrick Lavaud, mais aussi du collectif de photographes TENDANCE FLOUE que nous remercions içi...

Vous trouverez ci dessous :
Résumé
Interview de Vincent Glenn
Extrait d’un livre de René Passet
Pour en savoir plus bibliographie et sites internet
Extrait de l’emission de radio LA BAS SI J’Y SUIS de Daniel Mermet et Giv Anquetil

Pas assez de voume photo 1

Résumé

O.M.C. trois lettres pour nommer une institution internationale dont le mandat officiel est d’arbitrer le commerce mondial. En deux chapitres, sous forme d’enquête menée par un profane, le film dresse le portrait polémique d’une instance de pouvoir dont le champ d’influence n’a cessé de s’étendre depuis sa création en 1995, et qui, depuis la bataille de Seattle
en 1999, est âprement contestée.
1er chapitre : l’OMC
A la rencontre autant de ceux qui contestent le pouvoir et la mission de l’OMC, que de certains de ces responsables, le premier chapitre du film tente d’apporter quelques réponses aux questions suivantes : pourquoi, par qui et pour quels intérêts cette institution internationale a-telle
été mise en place ?
2nd chapitre : l’AGCS
Le narrateur resserre son enquête pour interroger ce qui se cache derrière le sigle mystérieux d’AGCS : l’Accord Général sur le Commerce des Services, l’un des accords fondateurs de l’OMC. Pourquoi les négociations menées au nom de l’Union Européenne dans le cadre de l’AGCS sont-elles marquées par le secret ? L’AGCS est-il un accord qui, comme certains l’affirment, achèvera la captation par des groupes privés, exclusivement déterminée par les impératifs de profit, de secteurs aussi essentiels à la vie que l’eau, lasanté, l’éducation, la culture ? Le narrateur traverse, tout au long deson enquête, plusieurs mondes sur une même planète, et se livre à des détours à travers la musique, la photographie, le rêve ou le cauchemar, détours qui nous rappellent que le sens de la vie est irréductible à tout enfermement dans le champ de l’économie.

Entretien avec Vincent Glenn - Extraits d’un entretien à paraître dans Materia Prima (Venezuela)


- La réalisation de Pas assez de volume ! (Notes sur l’OMC) vous a pris trois ans. Vous tentez de répondre à quatre questions
fondamentales : quand, pourquoi, par qui et pour quels intérêts l’OMC a-t-elle été créée ? Avez-vous pu trouver quelques
réponses à ces questions ?

Aux questions « depuis quand et pourquoi », la réponse est à chercher sur les ruines d’une Organisation internationale du commerce qui avait été
envisagée dès le moment de la conférence de Bretton-Woods en 1944, en même temps que la création de la Banque mondiale et du Fonds
monétaire international (FMI). Mais les Américains ont alors refusé de s’associer à la création de cette Organisation au prétexte que celle-ci
comportait des objectifs sociaux ! On s’est donc rabattu sur la naissance du GATT (General agreement on trade and tariffs) qui a principalement
servi, à partir de 1947, à réduire les tarifs douaniers sur le commerce des marchandises, avec pour finalité proclamée, l’augmentation du volume du commerce mondial. En gros, réduisons les barrières, et le volume des échanges commerciaux augmentera naturellement au bénéfice d’une prospérité globale… L’OMC est née en 1995, sur la base des Accords du Gatt, complétés par une trentaine de nouveaux accords (sur les services, la propriété intellectuelle, etc.) allant bien au-delà du strict commerce de marchandises. A la question, « l’OMC, à quoi ça sert », on peut simplement répondre par son objectif affiché : réguler le commerce mondial, c’est-à-dire établir des règles et être l’instance d’arbitrage permettant de les appliquer. Une chose est d’énoncer les règles, une autre de les faire appliquer et d’avoir le pouvoir de sanction en cas de non-respect de celles-ci par ses pays membres. En l’occurence, l’OMC fait les deux, elle dit la loi, et la fait appliquer. A la question "par
qui ?", la réponse s’impose comme une évidence : l’OMC a été mise en place par les pays les plus riches de la planète, qui seuls possédaient l’expertise juridique et surtout la roublardise politique pour inventer des règles faites sur mesure pour leurs propres économies, au détriment des
pays les plus pauvres.

Le second chapitre du film aborde le controversé et encore trop méconnu AGCS - l’Accord Général sur le Commerce des Services -, qu’avez-vous découvert au cours de votre enquête sur celui-ci ?
Beaucoup de choses se trament derrière cet acronyme de 4 lettres. Les découvrant comme n’importe quel profane, j’ai d’abord été surpris d’apprendre que l’AGCS est un accord déjà signé, comptant parmi les 28 accords fondateurs de l’OMC en 1995. J’ai ensuite découvert que l’AGCS vise l’établissement de conditions juridiques au niveau international pour la libéralisation totale de ce que l’on appelle les « services ». Cette notion très vague inclut à moyen terme, tout ce qui relève du service public, en particulier la santé, l’éducation. L’AGCS vise tout simplement la privatisation de pans entiers de secteurs publics dont seuls sont exclus les services régaliens de l’Etat, police, justice et armée. Ajoutons à cela la discrétion médiatique stupéfiante qui entoure la mise en application de cet AGCS et la confidentialité tout aussi remarquable des technocrates
qui négocient au nom des Etats, et on obtient une crise où tout le monde parle « d’opacité » comme s’il était matériellement impossible d’obtenir un
minimum de lisibilité sur qui négocie quoi et au nom de qui. En réalité, plus que d’ opacité, je préfère parler d’une « illisibilité » entretenue pour diverses mauvaises raisons. Si nous avons pu, dans des conditions matérielles dérisoires avoir accès à l’information, qui me fera croire que les centaines de journalistes des rédactions des chaînes nationales eux, ne le pouvaient pas ? C’est l’organisation même du système médiatique
qui est en cause. En premier lieu, cette machine à embrouiller que sont les journaux télévisés et leurs savants téléscopages à grande vitesse de données hétérogènes, qui cultivent quotidiennement les sentiments d’impuissance, et une culture de l’insécurité dont on voit depuis
quelques années émerger les aboutissements politiques.

- La musique occupe une place importante dans le film. Quel est le sens de cette présence ?
Serge Latouche cite dans le film un proverbe qui dit : « Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes en forme de clous. » Il ajoute que le marteau, en Occident, c’est l’économie. Autrement dit, il parle d’une tendance occidentale à « économiciser » tous les problèmes, à appréhender la réalité en donnant à chaque chose un prix. Les mentalités sont littéralement gouvernées par l’économie. Cette réduction du réel au champ de l’économie ne relève pourtant certainement d’aucune fatalité. Une des parades est peut-être à trouver, par exemple, du côté d’une définition de la richesse qui ne soit pas réductible à une accumulation de biens matériels et de capitaux. Il était important pour moi, de façon métaphorique, que la possibilité d’autres rapports au monde soient suggérés, et en particulier, le caractère irremplaçable d’activités et de
gestes qui mettent en avant le principe de gratuité. Autre rapport au monde, par exemple, qu’on peut trouver tant dans le langage musical que
dans celui des photographes ou des poètes. La musique en elle-même peut raconter cette élémentaire capacité humaine d’être ensemble à travers une écoute partagée, une synchronie, qui ne doit évidemment rien à l’exigence de rentabilité qu’impose les visions économistes. Dans le film, la musique prend progressivement une place qui vient minimiser le temps attribué aux considérations économiques.
Quant au langage de la photographie, auquel le film donne également une large place, il rejoint la même exigence personnelle d’évoquer tout ce qui peut être de l’ordre d’un rapport au monde et aux arts où l’on se donne le temps de produire un regard, une écoute, une lecture. A contrario d’une
esthétique dominante où le spectateur, bombardé d’images, est considéré purement et simplement comme une cible. Je crois que la musique -
comme la photographie - me permet de prendre le temps du détour, de réaffirmer que je n’ai pas pour seul but de « traiter mon sujet » de la façon la plus efficace possible, mais de considérer toutes les nuances et autres formes possibles de « richesses » que la vie comporte.

Extrait d’un livre de Alain Passet, economiste, Membre du Conseil scientifique d’ATTAC


“Face au poulailler, on le sait bien, c’est toujours le renard qui plaide pour l’abaissement des obstacles à la libre circulation. Mais, confronté au chasseur, il fait subitement sienne la cause des parcs naturels protégés.
Ainsi en a-t-il été de tout temps. Le renard dans la première moitié du XVIIème siècle, c’est la Hollande, maîtresse des mers et du commerce. Elle s’affirme libérale et c’est par une mesure éminemment protectionniste - les Actes de navigation de 1651 - que l’Angleterre d’Oliver Cromwell lui arrache la suprématie. Alors cette même Angleterre devient la championne du libre-échange, suivie au XIXème siècle, par la France du Second Empire. A ce moment, Friedrich List, annonçant Bismarck, plaide en faveur de l’union douanière et de la protection des industries naissantes, dans une Allemagne morcelé en de multiples Etats presque aussi hermétiques entre eux qu’ouverts à la concurrence étrangère. Les Etats-Unis, traditionnellement protectionnistes pendant la phase de leur constitution (doctrine Monroe), se découvrent libreéchangistes à mesure que s’impose leur domination économique sur le reste du monde. Ils sont aujourd’hui les champions incontestés de cette cause. C’est chez eux que règne sans partage, cet ultra-libéralisme qui correspond si bien à leurs intérêts du moment et qu’ils s’efforcent d’imposer au monde. Leurs intérêts du moment ou, plus exactement - à peine dissimulés en coulisses - , ceux des très puissants lobbies économiques et financiers qui font les présidents
et assiège les hauts lieux où se prennent les décisions.”

René Passet, in « Eloge du mondialisme par un « anti » présumé. »

Pour en savoir plus / Bibliographie


Susan Georges
- Un autre monde est possible (Fayard) 2004
- Le Rapport Lugano (Fayard) 2000
Joseph Stiglitz
- Quand le capitalisme perd la tête (Fayard) 2003
- La Grande Désillusion (Fayard) 2002
José Bové
- La Confédération Paysanne avec Georges Bartoli et Yves Manguy (Eden Productions) 2003
- Paysans du Monde avec Gilles Luneau 2002
- La Révolte d’un paysan avec Paul Ariés et Christian Terras (Golias) 2000
- Nous paysans avec Gilles Luneau (Hazan) 2000
- Le monde n’est pas une marchandise avec François Duffour et Gilles Luneau (La Découverte) 2000
- Nous Paysans avec Gilles Luneau (Hazan) 2000
Agnés Bertrand
- O.M.C. ; Le Pouvoir Invisible avec Laurence Kalafatides (Fayard) 2002
René Passet :
- Eloge de la mondialisation par un anti-mondialiste présumé (Fayard) 2001
- L’illusion néo-libérale (Fayard) 2000
Jean-Marie Harribey
- La démence sénile du Capitalisme (Editions du Passant) 2002
- Le développement soutenable (Economica) 1998
Aminata Traoré
- Le viol de l’imaginaire (Hachette) 2002
- L’étau ; L’Afrique dans un monde sans frontière (Acte Sud) 2001

Pour en savoir plus / Site internet

- www.agirici.org
- www.urfig.org
- www.attac.org

Extrait de l’emission de radio LA BAS SI J’Y SUIS de Daniel Mermet et Giv Anquetil

DVD

Ce film est édité en DVD par la coopérative COERRANCES (qui a fermé en 2007) et est disponible sur le site de Doriane films qui le distribue.